Mixeur cinéma

octobre 5, 2009 Leave a Comment 

Au cinéma, un mixeur, ou ingénieur du son de mixage (en anglais, Re-recording mixer), est le dernier intervenant dans la chaine de postproduction sonore, après le monteur son qui a organisé chaque piste sonore. Le mixeur a la charge de mélanger, équilibrer, harmoniser toutes les pistes sonores pour élaborer la bande sonore finale du film. Il doit mettre en œuvre les choix esthétiques et techniques, qui répondent aux attentes du réalisateur et du monteur son.

Travail du mixage

Le mixeur travaille avec des éléments sonores répartis sur un certain nombre de pistes, rarement moins de quatre ou six, et parfois plusieurs dizaines : dialogues synchrones en son direct, dialogues en son seul (enregistrés sur le tournage, hors caméra), dialogues post-synchronisés, bruitages, ambiances, effets sonores, musiques. Il organise la spatialisation des sons, c’est-à-dire la disposition spatiale des sources sonores dans la bande son finale (stéréo, 5.1, etc.).

Le mixeur travaille principalement dans un auditorium, avec un écran et une console de mixage. La première étape est généralement le prémixage des dialogues ou prémix paroles, qui consiste à ramener tous les éléments de dialogue sur une seule bande sonore, souvent bi-piste. C’est un travail autant technique qu’esthétique où il s’agit d’égaliser les niveaux, de raccorder les couleurs sonores, d’intégrer, de la façon la plus imperceptible, dialogues synchrones et dialogues post-synchronisés, d’harmoniser la proximité sonore (la présence) avec la taille du plan et l’espace des décors, en veillant en particulier à la parfaite compréhension du dialogue. Beaucoup de la dynamique d’un film vient de la dynamique du mix des dialogues.

La deuxième étape du mixage est plus esthétique que technique, gérant harmonies, équilibres, déséquilibres, entre le prémix paroles et toutes les autres sources sonores non dialoguées : les bruits et les effets donnent vie à l’action, les ambiances permettent de faire sentir l’atmosphère et d’installer la réalité des décors, les musiques installent le tempo du film et guident l’attention du spectateur…

Le mixeur doit savoir s’adapter au metteur en scène, à un désir de netteté ou au contraire à une volonté de son un peu « sale », ou encore savoir proposer les bonnes solutions à un réalisateur hésitant.

Le mixeur travaille parfois avec un assistant qui peut, sur les mixages lourds, avoir la tâche de mixer certaines pistes spécifiques, bruitages ou effets ponctuels.

Évolution du mixage

L’apparition de la stéréo, aux alentours des années 1980, a complexifié le travail du mixage, le passage au tout numérique a fortement modifié les mœurs, le mixage multicanal 5.1 et la montée en puissance des DAW (en:Digital audio workstation), qui sont des ordinateurs dédiés à l’enregistrement, au montage et au mixage, bouleversent et remettent en question les métiers, les usages et les règles établies.

La console est devenue une « surface de contrôle », c’est-à-dire une immense télécommande ; l’automation, qui permet l’enregistrement et la reproduction automatique des mouvements des faders et de toutes les actions effectuées par le mixeur, s’est généralisée.

Les techniques de prémixages physiques tendent à disparaître, remplacées parce qu’on appelle le « once pass » c’est-à-dire que tous les éléments source (quelquefois plusieurs centaines) restent accessibles à tout moment ou étape du mixage.

Ces évolutions permettent de retoucher, modifier et rectifier le mixage à n’importe quel moment : par exemple après une projection test (preview).

Du fait de cet accès permanent aux éléments source, le mixeur peut agir, en plus de la gestion des niveaux, des timbres et de l’espace sonore, en collaboration avec le monteur son, sur le déplacement dans le temps des éléments (contrepoint). Il arrive que le monteur son participe au mixage comme co-mixeur.

No tags for this post.

About Administrateur

Speak Your Mind

Tell us what you're thinking...
and oh, if you want a pic to show with your comment, go get a gravatar!